Enfants maltraités, battus et humiliés, les conséquences sur leur vie d’adulte

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Les enfants souvent maltraités éprouvent

Dans la majorité des cultures traditionnelles “africaines”, il est de bon ton de “corriger ” un enfant quand il fait des bêtises ou s’avère désobéissant.Toutefois, les parents ne sont pas toujours les seuls à administrer ces punitions. L’éducation étant souvent collective, les frères, sœurs, cousins et cousines plus âgé(e)s, ainsi que les oncles, tantes et grands-parents, peuvent endosser une fonction parentale envers tous les enfants de la famille.

Dans ce contexte, la punition est censée donner une leçon afin que l’enfant ne répète pas ce qu’on lui reproche et qu’il se comporte de manière conforme à ce qui est attendu de lui. On peut parler d’apprentissage par conditionnement.

Malheureusement, en l’absence de contrôle social et de sanctions envers les adultes qui abuseraient de ce pouvoir, certains actes ont souvent été au delà de la dimension corrective et de ce fait, se sont inscrits dans ce qu’on pourrait qualifier de maltraitance infantile.

A partir de quand peut-on dire qu’on a été maltraité?

La maltraitance intervient dès le moment où les actes posés portent atteinte à l’intégrité physique et psychologique d’un enfant. Il s’agit notamment de toute forme de  mauvais traitements ayant des conséquences graves sur son développement psychique et émotionnel.

Les violences actives

L’enfant maltraité subit différentes formes de violence, simultanément et/ou de manière continue: les violences physiques (frapper, donner des coups de poing ou de pied, blesser, …), les violences psychologiques (menacer, intimider, insulter, exposer l’enfant à des situations dangereuses, …), et les violences sexuelles (faire des attouchements, violer, traumatiser les parties génitales, prostituer, …).

Les négligences (violence par omission)

Ne pas prendre en compte les besoins de base d’un enfant et n’y apporter que peu de réponses ou pas du tout constitue également un acte de maltraitance. Il s’agit entre autres de le nourrir et de le vêtir convenablement, de lui donner un toit et une place dans la maison, de le protéger contre les dangers ou menaces extérieures, et de le soigner en cas de maladie. Ces besoins sont indispensables pour sa survie et son sentiment de sécurité.

L’être humain étant un “animal social” par définition, l’enfant est appelé à socialiser avec ses pairs pour apprendre à vivre en société. Lui témoigner de l’attention et de l’affection, l’aidera à construire la confiance dont il a besoin pour nouer des relations avec les autres.

Pourquoi ces actes et comportements sont-ils qualifiés de traumatisants envers les enfants ?

Les conditionnements effectués pendant l’enfance sont souvent ceux qui perdurent au delà du temps. Plus la douleur et la peur sont intenses, plus grande est la probabilité que notre mémoire en conserve une trace. Les séquelles vont donc dépendre de la durée et de l’intensité des traitements subis.

1- L’intensité

Il  y a une énorme différence entre donner une gifle à un enfant et lui donner des coups de poing ou de pied sur les parties sensibles de son corps (la tête, la poitrine).

Il y a également une grande différence entre donner des tapes sur le dos de cet enfant et le frapper avec des fils de courant électrique jusqu’à lui arracher des fragments de peau.

Certains enfants ont été violemment battus, parfois avec des objets lourds ou dangereux. Ils ont parfois eu des côtes cassés, le nez qui saigne, ou les doigts brisés.

2- La fréquence

Punir un enfant occasionnellement, est tout à fait différent de le violenter constamment, sans raison valable, et de manière démesurée. Il s’agit d’une répétition de micro-traumatismes qui à la longue peuvent avoir un effet anesthésiant sur l’enfant. Il ne ressent plus rien, complètement “coupé” de ses émotions dans un réflexe de survie.

Le seuil de tolérance étant subjectif, les limites personnelles de chaque enfant vont déterminer son vécu ainsi que le développement probable d’un traumatisme ultérieur.

Les autres formes de maltraitance sur les enfants

Les privations

Priver un enfant de nourriture ou d’eau.

La torture

L’enfermer dans une pièce sombre ou reculée, l’attacher, le brûler avec différents objets, le frapper à mort, l’affamer et le laisser dépérir.

La discrimination

Lui refuser tous les privilèges donnés aux autres enfants de la maison.

L’abus

Faire de lui le “domestique”. Le mettre au service de tout le monde en le faisant travailler constamment et en lui confiant des tâches beaucoup trop lourdes pour son âge.

Quelles conséquences sur les enfants ?

Un enfant -victime n’a pas beaucoup de choix face à un ou plusieurs adultes qui le violentent fréquemment. Il apprend rapidement à agir et à penser de manière défensive. Il se trouve dans un état de stress chronique, permanent. Il vit dans la peur. Peur de faire quelque chose de mal, peur de se faire frapper encore.

L’excès de privation peut le pousser à voler pour s’alimenter ou pour s’acheter de quoi calmer sa faim. Il se peut aussi qu’il commence à mentir, pour se protéger des coups. Etant constamment battu quand il commet des fautes ou des erreurs, il sait pertinemment qu’il n’a pas intérêt à se dénoncer.

1- La fuite physique

Et quand la violence devient insupportable, il peut arriver que l’enfant prenne la fuite et se réfugie chez d’autres membres de la famille ou encore chez des personnes qu’il estime être bienveillantes à son égard.

A défaut de cette possibilité, il pourra disparaître et choisir de vivre dans la rue. L’excès de colère qu’il aura accumulé pourra se manifester par des comportements violents envers les autres. Il sera souvent qualifié de provocateur et de bagarreur.

Toutefois, tous les enfants maltraités n’évoluent pas dans la violence. Certains adopteront plutôt une fuite “psychologique”.

2- La fuite psychologique

Dans ce dernier cas de figure, ils se coupent  complètement de leurs émotions et deviennent “froids”. Ce mécanisme de défense est qualifié de “dissociation”. Il est retrouvé chez des personnes confrontées à des événements traumatogènes (susceptibles de provoquer un traumatisme). Dissociées, elles ne ressentent plus leurs émotions, donc, ne souffrent plus.

Il peut arriver qu’elles se replient sur elles-mêmes et se réfugient dans un monde fantasmatique où elles s’inventent une vie moins difficile. Elles aiment la solitude, l’isolement et sont peu enclines à entretenir des relations sociales.

Ces enfants devenus taiseux, ont préféré une stratégie passive, docile vis à vis de leur agresseur.

Les manifestations et symptômes possibles à l’âge adulte 

  • Tendances dépressives et grande détresse émotionnelle
  • Difficultés à s’affirmer et à faire confiance aux autres
  • Peur de s’exprimer, de donner son point de vue et de dire non
  • Renonce facilement, vite découragé face aux échecs
  • Méfiance vis à vis des autres, introverti, distant
  • Isolement social, très peu d’amis
  • Absence d’amour de soi, peu d’estime de soi et confiance en soi ébranlée
  • Difficulté à ressentir et à exprimer ses émotions
  • Agressivité ou violence fréquente envers les autres
  • L’excès des critiques par le passé devient un frein à la capacité de prendre des décisions en toute autonomie, préfère laisser les autres décider
  • Peut reproduire les mêmes comportements vis à vis de ses enfants
  • Peut ne pas désirer avoir des enfants, par peur de les faire subir ce qu’il a vécu

Les adultes qui ont été des enfants maltraités ont grandi dans l’insécurité affective.

Il ressentent une détresse profonde car les personnes qu’ils aimaient le plus (leurs parents) ou les personnes à qui on les avait confiés, leur ont fait beaucoup de mal. Ils se sont construits autour du traumatisme et n’ont jamais pu développer leur véritable personnalité. Le corps et le cœur ont été profondément meurtris.

Plusieurs études en psychologie et en criminologie ont pu démontrer que les délinquants, assassins et dictateurs sanguinaires ont très souvent eu un passé de maltraitance assez significatif. Ce qui ne signifie en aucun cas que tous les enfants maltraités finiront criminels ou déviants, cette proportion étant assez faible. Beaucoup d’entre eux deviendront également de bons parents. L’objectif de ces études est plutôt de sensibiliser à un des grands principes de la victimologie, à savoir:

“tout agresseur a été victime, et toute victime peut devenir agresseur”

Reconnaître les victimes et les aider, contribue grandement à faire de la prévention. Et pour ceux qui sont parents, faites toujours attention à vos actes, et ne reproduisez pas toujours sans réfléchir. Lisez, informez-vous, et remettez-vous en question autant de fois que nécessaire. Être parent est un métier complexe et on ne peut pas toujours tout savoir.

Brisez la chaîne, et ne faites pas payer à vos enfants les erreurs de votre passé.

Noire & Psy

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